Ramuncho, de son vrai nom Raymond Doerr, est né à Marseille le 13 décembre 1949. Fils d'un ferrailleur et d'une mère qui élève une fratrie de dix enfants, Raymond, surnommé Ramuncho, un terme signifiant « Romanichel » en espagnol, grandit dans la roulotte familiale, où il voit le jour alors que la famille était en train de camper.
Issu d'une lignée de Manouches, ces éternels voyageurs au dialecte musical, la famille parcourt les régions, établissant son campement entre l'Estaque à Marseille durant l'hiver et Pau l'été, où une grande partie de la famille réside. Dans ce mode de vie nomade, la musique occupe une place centrale, et Ramuncho se distingue rapidement par son talent pour le chant et la guitare. Sa voix pure et son jeu de guitare, empreint d’une facilité remarquable, émerveillent son entourage. Une de ses sœurs, dotée de dons de voyance, lui prédit un avenir glorieux : « Tu deviendras un grand chanteur et un grand musicien. Tout le monde connaîtra ton nom, comme celui de notre oncle, Django Reinhardt ! »
Pour arrondir les fins de mois, Ramuncho se rend dans les cafés de Marseille, guitare à la main, accompagné de l'une de ses sœurs pour collecter des pièces. Sa carrière prend un tournant lorsqu'un restaurateur, en l'occurrence Monsieur Ferri Gaï du restaurant "Marysella", lui propose de se produire chaque soir. Le lendemain, son père signe le premier contrat de ce jeune prodige avec Gaï. Suite à une prestation remarquée dans l'émission de télévision "Escale à Marseille", un directeur artistique de la maison de disques Philips invite Ramuncho à Paris pour un essai.
En 1962, il sort son premier disque 45 tours, qui rencontre un franc succès. La même année, il enregistre un deuxième et un troisième EP, qui sont ensuite compilés sur un 33 tours Philips de 25 cm. Le cinéma s'intéresse également à ce jeune talent, et en 1963, il tourne dans "Il Figlio del Circo / L’Enfant du Cirque" de Sergio Grieco, face à Pierre Mondy et Antonella Lualdi, le film sortant en salles le 24 juin 1964.
Après une apparition à Monte-Carlo et une participation à "Monsieur Tout-le-Monde" de Guy Lux, Ramuncho fait une entrée marquante dans "Discorama" de Denise Glaser le 9 juin 1963, où, à seulement treize ans, il interprète "Cuando calienta el sol" et "Granada", tout en répondant avec aisance à la question : « Etes-vous Gitan ? ». Il répond : « Non, je suis Romanichel. »
De retour à Marseille, il se produit à l'Alcazar du 21 au 25 juin dans une revue aux côtés de Daxély, Andrée Turcy et Rellys. Le 15 février 1964, il est invité par Jean Nohain sur "Bonnes nouvelles", où il interprète "Guitare bohème", captivant le public avec sa voix d'adolescent. Il participe également à "Chansons pour nos vacances" en août 1965 et à "Midi variétés" en février 1967.
Cependant, avec les changements de sa voix durant l'adolescence, sa carrière parisienne s'interrompt. Ramuncho choisit de s'établir à Pau, où il épouse Ghislaine à l'âge de 25 ans, une rencontre survenue lors d'un bal à Martigues. Le couple a trois enfants : Shirley, Peggy et Joyce.
Grâce à son parcours exceptionnel, Ramuncho devient une figure emblématique dans sa communauté et au-delà, se produisant dans des bars, animant des soirées et célébrations, tout en cultivant un esprit festif et familial, où la musique demeure au cœur de tout.
Tragiquement, Ramuncho perd la vie dans un accident de la route le 6 décembre 1982, à Toulouse, à quelques jours de ses 33 ans. Son souvenir perdure dans la mémoire collective de ceux qui l'ont connu, de Marseille à Pau, et la sortie d'un CD commémoratif permet de redécouvrir son talent et sa jeunesse à travers 28 chansons. Ce CD vise à apporter un peu de joie, atténuant la tristesse de sa perte, et honorant la mémoire d'un artiste inoubliable.
Ses filles, Shirley, Peggy et Joyce, expriment leur gratitude envers leur mère Ghislaine, la famille Doerr, les amis de Ramuncho, ainsi que la communauté manouche qui continue de célébrer son héritage. Elles remercient également Max Poulet, le batteur, et René Ona, admirateur de Ramuncho et fondateur de son fan-club, pour leur contribution à la préservation de sa mémoire.